Moto Club Les LEOPARDS

J’ai eu vingt ans et puis trente, les quarante ont suivi et aussi les cinquante, et enfin les soixante et peut-être un jour quelques unités supplémentaires pour perturber les comptes.

J’ai lu des magazines qui parlaient de mon âge, des conseils pour rester jeune indéfiniment et en bonne santé : sport, eau, pas d’excès ! Rester jeune, peu importe le prix et surtout à n’importe quel prix, au prix maximum : ne plus vivre, ne plus être libre de mener sa vie comme je l’entend !

Info, intox, il paraît même que le botox ou le viagra sont là pour cela. Alors, là, moi, j’dis stop. Remonter le temps? Avoir encore vingt ans ? Ça va pas, non ? Tu sais quoi ? J’ai pas le temps !

Demain, dans un mois, dans un an, j’irai me balader, je prendrais ma moto, seul ou avec les copains, pas très loin, sur la plage et je ramasserai des galets arrondis que je colorierai aux couleurs du bonheur.

Je lirai des légendes, écouterai des contes, raconterai des histoires et puis les offrirai à qui voudra entendre, mes amis, les copains, mes étudiants … Je me ferai des amis, au hasard sur la toile, sur la route, dans la rue ou au bar, on discutera jusqu’au bout de la nuit de la vie, de nos passions, de motos, de l’amour et de la mort aussi.

Demain, dans un mois, dans un an, j’aurai les bras câlins de mon premier petit enfant à mon cou enroulés pour mieux me protéger. Ma famille sera là et nous nous sourirons, heureux d’avoir su traverser sans sombrer les tempêtes, les naufrages, les drames et puis quelques orages.

Il m’arrivera encore de chanter, de danser, et de me régaler de gâteaux, de p’tits plats mijotés, et d’une bonne bouteille de vin à partager avec les potes, sans penser aux kilos ou bien à ma santé.

Demain, dans un mois, dans un an, je sortirai la nuit avec tous les hiboux et verrai le soleil sur la mer se lever. Je chevaucherai ma moto longtemps en goûtant le vent,  les odeurs de la mousse en automne et du foin en été et le chant des cigales et le soleil brûlant, et parfois la pluie.

J’écouterai toujours le malheur qui se plaint et j’essaierai de t’aider. J’éprouverai encore des bouffées de colère face à la bêtise et la haine étalées. Jamais ni l’injustice ni l’infamie je n’accepterai et lèverai en l’air, mon poing avec rage.

Demain, dans un mois, dans un an… Et si la mort survient, car elle survient toujours, la garce, elle me trouvera debout, occupé et heureux. 

En pastichant le texte de Mireille Bergès

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